Meilleurs Résumés de «Sylvie» et «Mrs Dalloway» CPGE 2014



Résumé de Sylvie

Seconde nouvelle du recueil Les Filles du feu (1854), Sylvie est l’histoire d’un homme qui se trompe dans sa recherche des voies susceptibles de le mener à l’idéal conçu dans l’intimité de son âme et la soif de son cœur. Impatient, il veut arriver sur le champ au but de sa quête sans comprendre qu’il lui faut épurer son rêve au contact de la vie, de la nature et de ses lois d’airain si l’on veut avoir quelque chance de le voir s’incarner. Le jeune homme qui parle dans Sylvie et que l’on peut appeler Gérard par commodité est épris d’une actrice, Aurélie, à qui il n’ose déclarer son amour. Il vient contempler son étoile chaque soir sur la scène, l’idéalisant avec ferveur, fidèle en cela à l’esprit de toute une génération rebelle à la platitude du réel que lui fait subir la société de ce temps. Un soir, il apprend qu’un autre a ses faveurs et s’y résigne : « Moi, c’est une image que je poursuis, rien de plus ». Un héritage inespéré lui échoit qui pourrait pourtant renverser la situation, mais cette idée lui répugne. En parcourant incidemment une gazette, il tombe sur un entrefilet annonçant la Fête du Bouquet provincial à Loisy.

Cela réveille en lui le souvenir du Valois où s’était déroulée son enfance. Ayant regagné son logis, prêt à s’endormir, il revoit, dans une semi-somnolence, une scène de son passé enfoui : une ronde de jeunes filles chantant de vieilles chansons en dansant sur la pelouse d’un château au soleil couchant. Mais il voit devant lui, au milieu de la ronde, « une blonde, grande et belle qu’on appelait Adrienne ». Le désir lui vient alors de revoir les « hameaux » d’autrefois. Il loue en pleine nuit une voiture et se fait conduire à Loisy. Durant tout le trajet, il évoque ses innocentes amours avec Sylvie, jolie jeune fille brune, dentellière du village, brûle de la revoir et peut-être de l’épouser. Il lui vient aussi en mémoire que son idylle était troublée par le souvenir de deux rencontres avec la blonde Adrienne, jeune châtelaine, depuis lors entrée en religion et qui à l’époque, dans ses rêves, s’opposait à Sylvie, comme la chimère à la réalité. Mais voici le petit jour et Gérard est arrivé à Loisy. Il y retrouve Sylvie qui, hélas, n’a plus la candeur inconsciente d’autrefois. A la figure d’antan qu’il pensait retrouver s’est substitué une jeune femme pleine de bon sens et de raison. Ils vont ensemble à Châalis, là même où il avait jadis entrevu Adrienne, costumée en génie céleste, dans une sorte de mystère médiéval joué dans les salons du château. Il ne peut s’empêcher de demander à Sylvie ce qu’est devenue « la religieuse », tout en pensant en même temps, à Aurélie qui doit, en cet instant, se faire applaudir en son théâtre parisien. Il voudrait que Sylvie l’arrache à tous ces souvenirs qui le hantent, mais celle-ci reste solidement gouvernée par le sens des réalités caractéristique de la saine sagesse populaire. Le soir même, il apprend qu’elle est fiancée au « Grand Frisé », pâtissier à Dammartin. Il repart aussitôt vers Aurélie qui, identifiant en lui le rêve sous-jacent à ce qu’il croit être l’amour, se détourne de lui. La nouvelle s’achève, plusieurs années après, par le récit d’une des visites que Gérard, maintenant détaché, fait, de loin en loin, à ses amis de Dammartin. Il y assiste au paisible bonheur du Grand Frisé et de Sylvie. C’est par elle qu’il apprend qu’Adrienne est morte au couvent. Il ne reste plus rien du rêve que la dépossession, l’effacement et la disparition des trois figures d’un amour devenu impossible puisque la réalité a brisé le cercle du rêve où l’âme était incarcérée. Si le rêve peut orienter la recherche, conduire à l’amour qui est la vérité profonde de la vie accomplie, il peut s’avérer être une impasse lorsqu’il n’est pas soumis à la régulation du principe de réalité. Pour réorienter la recherche, il faut alors se « désillusionner ». Sylvie est l’histoire de cet égarement et de cette désillusion par laquelle l’auteur allégorise sa propre histoire.

Résumé de Mrs Dalloway

Conformément au projet esthétique de Virginia Woolf, soucieuse de mettre l’accent sur la vie intérieure des êtres plutôt que sur leurs actions visibles, l’intrigue du roman est, en surface, particulièrement réduite. Elle s’enrichit cependant, en profondeur, de quantité de petits drames intérieurs, projetés dans le passé, dans le futur ou dans l’imaginaire, qu’il est impossible de résumer. L’intrigue du roman, qui se déroule sur une seule journée de juin 1923, à Londres, s’ouvre sur le départ de Clarissa Dalloway, quittant de bon matin sa demeure de Westminster pour aller acheter des fleurs, dans la perspective de la soirée prévue le jour même. En flânant, elle se remémore ses expériences d’adolescente dans la maison de ses parents à Bourton, se rappelant comment, à l’âge de dix-huit ans, elle a refusé d’épouser Peter Walsh – dont elle n’a pas lu les lettres depuis longtemps, et qui devrait bientôt rentrer des Indes. Progressant vers Bond Street, et croisant par hasard Hugh Whitbread, une connaissance de Bourton, elle songe en chemin à sa fille Elizabeth et à l’influence qu’exerce sur elle l’austère Miss Kilman, sa préceptrice, pour laquelle Clarissa éprouve une antipathie instinctive. Arrivée chez le fleuriste Mulberry’s, elle est tirée de ses rêveries par la détonation d’une voiture arrêtée en pleine rue. La foule des passants et des curieux est comme fascinée par cette étrange automobile, aux stores tirés, qui doit probablement transporter un membre de la famille royale. Soudainement, l’attention des Londoniens se reporte sur un aéroplane traçant d’étranges lettres dans le ciel, qui s’avèrent un simple message publicitaire pour du toffee. La voiture et l’aéroplane sont l’occasion de relier indirectement de nombreux personnages, méditant sur la signification de ces apparitions, en particulier Clarissa et Septimus : ce vétéran de la Grande Guerre, qui était promis à une belle carrière, souffre d’un grave trouble post-traumatique (apparenté à une psychose maniaco-dépressive), et se trouve en compagnie de son épouse d’origine milanaise, l’aimante Lucrezia. Rentrée chez elle, Clarissa apprend que son mari, le député conservateur Richard – qu’elle a jadis préféré au très sensible, mais « impossible » Peter – est parti déjeuner chez Lady Millicent Bruton, femme de pouvoir inflexible et incarnation de la rigidité victorienne : elle se sent alors abandonnée et prend conscience de son vieillissement. Elle se souvient du délicieux baiser que lui avait jadis donné Sally Seton, à Bourton, et se demande si elle ne l’a pas aimée : cette jeune effrontée incarne l’audace, la liberté et la sensualité de la jeunesse. Prenant la robe qu’elle s’apprête à porter pour sa soirée, et commençant à la repriser, Clarissa est interrompue par l’arrivée impromptue de Peter, de retour d’Inde. Il lui apprend qu’il est venu à Londres pour préparer son mariage avec une jeune femme dénommée Daisy, épouse du major de l’Armée des Indes, dont il se dit très amoureux : le personnage est pourtant plein de désillusions. Peter s’apprête à partir quand Elizabeth fait irruption : il marche alors au hasard des rues londoniennes. Ivre de liberté, il décide de suivre une jeune femme, qu’il s’imagine traquer tel un flibustier, avant que cette dernière ne disparaisse : cette plaisante aventure lui a suffi. Il s’assoupit ensuite à Regent’s Park, rêvant d’un voyageur solitaire et d’une immense silhouette féminine au bord de la route. Dans le même parc, Septimus et Rezia attendent midi, l’heure du rendez-vous avec le docteur William Bradshaw, éminent psychiatre que leur a recommandé son confrère le docteur Holmes, dans lequel Septimus voit un monstre. Ce dernier est assailli de violentes hallucinations et croit voir son ancien camarade de tranchées, l’officier Evans, mort peu de temps avant l’armistice : il ne s’agit pourtant que de Peter Walsh, qui se trouve par hasard au même endroit, et qui observe cette étrange querelle de couple. Peter médite sur les bouleversements qu’ont connus les mœurs anglaises pendant son absence ainsi que sur sa jeunesse de Bourton. Sensible au chant fascinant d’une jeune mendiante, il s’engouffre dans un taxi, au moment où Rezia, apercevant également la pauvre femme, se rappelle l’histoire de Septimus : adorateur de Shakespeare, amoureux de son professeur Miss Isabel Pole, il se voyait devenir poète. Épargné par les bombes de la Première Guerre mondiale, il a été plongé dans une période d’indifférence avant d’être hanté par d’affreuses visions et des pulsions suicidaires. Sir William explique à Rezia que Septimus a simplement besoin d’intégrer le sens de la mesure : il le placera donc dans un établissement spécialisé. Rezia ne fait guère confiance au médecin et craint de devoir être séparée de son mari. Hugh Whitbread, présenté comme un médiocre courtisan, déjeune en compagnie de Richard Dalloway chez Lady Bruton qu’ils aident dans la rédaction d’une lettre destinée au Times, au sujet de l’émigration de la jeunesse anglaise au Canada : c’était, pour Lady Bruton, la finalité véritable de ce déjeuner. Elle leur apprend que Peter est de retour. Partant ensemble, Hugh et Richard se rendent chez un bijoutier avant que Richard ne décide d’acheter des roses à sa femme, à qui il aimerait déclarer son amour, sans toutefois y parvenir. Chez elle, Clarissa s’inquiète de voir partir sa fille et Miss Kilman pour le grand magasin Army & Navy Stores. Celles-ci y prennent le thé, mais Elizabeth ne songe qu’à quitter sa préceptrice, qui se sent alors abandonnée. Les pérégrinations d’Elizabeth la mènent à la cathédrale Saint-Paul, vers l’est. Le trajet d’omnibus dans le Strand constitue pour l’adolescente un moment d’émancipation, lui permettant de s’abandonner au plaisir du flux urbain et à l’ivresse de sa propre liberté. Septimus aide Rezia à confectionner un chapeau : riant avec son épouse, il semble retrouver, provisoirement, le sens de la réalité. Rezia décide d’empêcher le départ de Septimus. Soudain, elle entend quelqu’un monter vers leur appartement : il s’agit du docteur Holmes. Préférant mourir plutôt qu’être victime de la monstrueuse nature humaine, incarnée par le docteur, Septimus se donne la mort en se jetant, depuis la fenêtre, sur les grilles de la courette attenante. Se rendant à son hôtel, Peter entend l’ambulance transportant le corps sans vie de Septimus et médite sur les merveilles de la civilisation. Après dîner il se rend à pied chez Clarissa. La plupart des personnages du roman sont réunis chez les Dalloway, de Lady Bruton à Miss Kilman, en passant par Sally Seton, devenue Lady Rosseter, et Miss Helena Parry, la vieille tante de Clarissa. La petite compagnie de Bourton y est presque au complet, Hugh Whitbread inclus. Menaçant de tourner au fiasco, la soirée prend peu à peu, d’autant que Clarissa compte parmi ses convives le premier ministre en personne. Elle apprend avec stupeur, de Lady Bradshaw, qu’un jeune patient de son mari, nommé Septimus, vient de se tuer. Se retirant, Clarissa médite sur la mort du jeune homme, se sent étonnamment proche de lui et prend conscience de la portée profonde de ce geste qui donne de la signification à sa propre vie. La fin du roman demeure ouverte : alors que Peter et Sally bavardent, et que la soirée décline peu à peu, Clarissa surgit aux yeux de Peter, provoquant, par sa seule présence, l’extase de celui qui l’a tant aimée.

Remarque : ces deux résumés sont des extraits du livre « Le temps vécu » de France Farago, Nicolas Kiès et Christine Lamotte.

Prochains articles :

• Étude détaillée du thème « Le temps vécu » dans l’œuvre Sylvie de Gérard de Nerva.
• Étude détaillée du thème « Le temps vécu » dans l’œuvre Les données immédiates de la conscience de Henri Bergson.
• Étude détaillée du thème « Le temps vécu » dans l’œuvre Mrs Dalloway de Virginia Woolf.
• 7 dissertations corrigées au sujet du thème « Le temps vécu ». 

Note 1 : N’hésitez pas à ajouter vos commentaires (Questions, remarques, fautes, critiques, etc.).   
Note 2 : Merci d'aimer notre page Facebook en cliquant ici.
Note 3 : Pour recevoir de nouveaux articles, abonnez-vous à la newsletter du blog dès à présent !
Note 4 : Si vous avez trouvé cet article intéressant, merci de participer à sa diffusion en utilisant les boutons de partage situés à gauche.
Cordialement ... 01sup.com

Accueil Accueil Accueil